Accueil > Ressources > Logiciel > Reporting extra-financier : obligation ou enjeu pour votre start-up ?
Vous l’avez déjà entendu. Aussi nommé « rapport RSE » ou « rapport de durabilité », le reporting extra-financier prend petit à petit place dans les discussions stratégiques liées au monde de l’entreprise. S’il s’immisce au fur et à mesure dans les débats, c’est parce que s’il n’était que facultatif jusqu’ici, ce rapport devient une obligation qui pourrait concerner tôt ou tard votre start-up.
Plutôt que de les voir comme une contrainte, vous pourriez intégrer ces indicateurs extra-financiers comme une stratégie de croissance à part entière.
Revenons d’abord sur ce qu’est le reporting extra-financier, son obligation de production et voyons en quoi les performances sociales pourraient représenter un enjeu fort pour votre start-up.
Sur le même principe d’un bilan comptable annuel qui évalue l’aspect financier de votre start-up, le reporting extra-financier est aussi un outil d’évaluation de vos performances. Celui-ci se concentre sur des critères sociaux, environnementaux et sociétaux de votre organisation à travers différents indicateurs extra-financiers.
Le reporting extra-financier permet aux partie-prenantes de votre start-up (clients, actionnaires, investisseurs, institutions) de « mesurer » ses performances sociales, environnementales et sociétales.
Ces « KPI sociaux » viennent compléter les KPI financiers que nous avons coutume d’analyser pour avoir une vue sur la croissance d’une start-up ou tout autre structure. De fait, le rapport de durabilité intègre progressivement les missions comptables et financières en devenant une unité de mesure clé de la santé d’une entreprise.
En lien direct avec la politique RSE, les indicateurs extra-financiers impliquent l’aspect humain, écologique et sociétal. En voici une liste non exhaustive :
Autant de notions qui concernent évidemment l’univers des start-ups.
Au moment où nous produisons ce sujet, l’obligation de déclaration d’un reporting extra-financier concerne uniquement les grands groupes. D’ici 2027, il y a de fortes chances que votre start-up puisse être concernée par la production des données ESG imposées par les directives CSRD.
Les structures impliquées par l’organisation sont celles qui répondent à au moins 2 critères sur les 3 que nous récapitulons dans ce tableau ci-dessous :
| Critères concernés | Date d’entrée en vigueur des directives CSRD | Premier reporting extra-financier obligatoire |
| Plus de 500 salariés et/ou plus de 50M€ CA et/ou 25M€ de total de bilan | 1er janvier 2024 | 2025 (pour les performances extra-financières de 2024) |
| Plus de 250 salariés et/ou plus de 50M€ CA et/ou 25M€ de total de bilan | 1er janvier 2025 | 2026 (pour les performances extra-financières de 2025) |
| PME cotées en bourse et/ou plus de 150M€ CA pour une entreprise non-européenne | 1er janvier 2026 | 2027 (pour les performances extra-financières de 2026) |
Il n’est pas exclu que de nouveaux critères intègrent ce calendrier, vous pouvez ne pas être concerné pour le moment mais l’être dans les prochains mois/années selon l’évolution de la réglementation régit par les directives CSRD.
Si votre start-up n’en est qu’à ses débuts, vous pourriez être tenté de vous dire que vous n’êtes pas concerné « avant longtemps » par le reporting extra-financier. Plutôt que d’adopter une posture d’obligation « pour plus tard », nous vous suggérons de faire des données ESG un véritable outil stratégique pour votre start-up, et ce dès maintenant.
En effet, les performances sociales, environnementales et sociétales sont des leviers de croissance différenciants sur le marché des start-ups et ont leurs émules.
Ce n’est pas un hasard si les start-ups liées à l’environnement et à la Greentech sont de plus en plus présentes sur le marché. Parce que la prise de conscience individuelle des sujets environnementaux est grandissante, le business est conséquemment fleurissant.
Si votre projet innovant intègre dans son modèle économique la promesse du vivre-ensemble, si les valeurs extra-financières sont clairement manifestées, alors votre start-up peut avoir de « beaux jours » devant elle. En plus de bénéficier d’aides et de subventions spécifiques aux projets liés à l’environnement. Une belle opportunité donc.
Sans se laisser aller à la qualification d’opportuniste, la prise en compte des performances extra-financières au sein de votre activité peut s’avérer un plus dans les critères de choix de vos cibles, surtout si vous vous adressez à un marché BtoC.
De plus en plus de consommateurs sont soucieux de ce qu’ils achètent et du « comment ça a été fabriqué ». Les conditions de développement et de conception d’un produit sont autant si ce n’est plus importantes (parfois) que le produit fini. Faire vœu de transparence à travers un reporting extra-financier peut, au stade où il n’est pas encore obligatoire pour toutes les start-ups, devenir un atout considérable.
Les consommateurs et ambassadeurs de votre projet innovant pourraient tout à fait aussi être vos collaborateurs. De plus en plus d’actifs sur le marché scrutent la prise en compte des enjeux sociaux, environnementaux et sociétaux avant de candidater.
Si votre start-up produit un reporting extra-financier et communique activement dessus, vous aurez certainement plus de chances de recruter. Le sens de ce que l’on fait, l’identification et l’incarnation d’une raison d’être impactante sont devenus des critères aussi importants que les conditions de travail et le salaire, à l’instar d’un produit conçu durablement pour le consommateur.
Et cela va de soi, la fidélisation de vos talents passera par la mise en place de mesures managériales favorisant la QVT (Qualité de Vie au Travail).
Lorsque l’on parle de valorisation d’une start-up, on se concentre bien sûr principalement sur sa viabilité économique, la croissance potentielle via la pénétration du marché et les ressources techniques et humaines en place. Mais il faut savoir que les investisseurs privés ou publics attachent de plus en plus d’importance aux performances extra-financières des projets innovants.
D’une part, par devoir : certains groupes peuvent investir qu’à la condition de montrer « patte blanche » sur les enjeux environnementaux qu’ils financent. D’autre part, car le marché autour de l’environnement étant en vogue, les possibilités de croissance sont souvent « palpables ». L’investisseur engagé peut faire d’une pierre deux coups : fructifier des actions et réaliser « une bonne action ».
Vos performances extra-financières sont donc un actif à part entière pour mieux valoriser votre projet. Ne lésinez pas sur un reporting extra-financier, voyez-le comme un investissement !
Longtemps cantonné à la production comptable et à la réalisation des comptes annuels, le métier d’expert-comptable évolue depuis plusieurs années. Son rôle s’étend dorénavant au conseil sur la vision stratégique à adopter par les entreprises. Un soutien pour le pilotage de votre activité et une aide précieuse pour prendre les bonnes décisions financières… mais pas que !
Au même titre, certains cabinets ont étendu leurs missions au-delà des aspects financiers en proposant l’accompagnement à la performance extra-financière. En direct ou par le biais de partenaire, l’objectif est de « former un tout » entre reporting sur la croissance de votre activité et reporting de vos actions en lien avec l’environnemental, le social et le sociétal. Dans ce cadre, vous pouvez sonder votre expert-comptable sur sa capacité à produire un reporting extra-financier.
En tant qu’expert-comptable spécialiste des start-ups, nous sommes en mesure de répondre à vos interrogations autour de la production d’un reporting extra-financier.
Si vous souhaitez adopter une stratégie ESG, nous saurons vous épauler avec nos partenaires. Objectif : s’appuyer sur l’extra-financier comme enjeu de croissance de votre start-up et non comme une contrainte à subir !