Rapport de durabilité : quels sont les indicateurs clés à suivre pour votre start-up ?

L’obligation de rapport de durabilité imposée par la Corporate Sustainability Reporting Directive (CSRD), en vigueur dès 2025, exige que les entreprises publient leurs performances extra-financières sur des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG). Ces indicateurs clés, définis par les European Sustainability Reporting Standards (ESRS), fournissent des données transparentes sur l’impact des activités de l’entreprise et permettent d’évaluer sa contribution à une économie durable.

Votre start-up pourrait donc dès l’année prochaine avoir l’obligation de produire un rapport de durabilité. Voici la liste des indicateurs clés que vous devez suivre !

Mini-sommaire

1. Les indicateurs environnementaux

Les indicateurs environnementaux mesurent l’empreinte écologique de l’entreprise et sa gestion des ressources naturelles. Les principaux indicateurs à inclure sont :

  • Émissions de gaz à effet de serre (GES) : calcul des émissions de CO₂ directes (Scope 1) et indirectes dues à la consommation d’énergie (Scope 2) ainsi que les émissions indirectes de la chaîne de valeur (Scope 3).
  • Consommation d’énergie : suivi de l’origine de l’énergie (fossile ou renouvelable) et analyse de l’efficacité énergétique des opérations.
  • Gestion de l’eau : mesure de la consommation d’eau et évaluation des pratiques de gestion, en particulier pour les entreprises industrielles.
  • Gestion des déchets : calcul des déchets générés, analyse de leur recyclage et des initiatives de réduction des déchets à la source.
  • Impact sur la biodiversité : identification des activités qui affectent la biodiversité et les écosystèmes, en suivant les projets de compensation ou de préservation.

Ces indicateurs permettent aux start-ups et scale-ups de réduire leur empreinte écologique et de renforcer leur crédibilité auprès des parties prenantes sensibles aux enjeux environnementaux.

 

Exemples pratiques :

  • Émissions de CO2 : Une entreprise de textile mesure ses émissions directes et indirectes. Elle constate que son Scope 3 (émissions de la chaîne d’approvisionnement) est particulièrement élevé. L’entreprise met en place un plan pour travailler avec des fournisseurs plus proches géographiquement et réduire ainsi les émissions liées au transport de 20 % sur 3 ans.
  • Consommation d’eau : Une société agroalimentaire utilise 100 000 litres d’eau par an pour ses processus de production. En intégrant des systèmes de recyclage de l’eau, elle vise à réduire cette consommation de 30 %.
  • Gestion des déchets : Une entreprise de fabrication électronique met en place un programme de recyclage des composants, diminuant ainsi de 15 % la quantité de déchets envoyés en décharge en un an.

 

2. Les indicateurs sociaux

Les indicateurs sociaux reflètent l’impact de l’entreprise sur ses employés, ses partenaires et les communautés locales. Les principaux indicateurs sont :

  • Conditions de travail et sécurité : mesure du taux de fréquence et de gravité des accidents et mise en œuvre des programmes de prévention des risques.
  • Diversité et inclusion : Suivi de la diversité en matière de genre, d’âge, et d’ethnicité parmi les employés, ainsi que les pratiques inclusives.
  • Formation et développement : indication du nombre d’heures de formation par employé et suivi des programmes de montée en compétences.
  • Bien-être et équilibre travail-vie personnelle : évaluation des initiatives de bien-être au travail (flexibilité, santé mentale) pour améliorer la qualité de vie des employés.
  • Droits de l’homme : surveillance du respect des droits humains dans l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement, notamment pour les entreprises opérant dans des zones à risque.

Ces indicateurs aident les entreprises à renforcer leur attractivité, leur rétention de talents et leur impact social.

 

Exemples pratiques :

  • Conditions de travail et sécurité : Une startup technologique ayant une équipe de production en atelier rapporte un taux d’accidents de travail de 5 % sur l’année précédente. Pour améliorer cela, elle introduit des programmes de formation en sécurité et vise à réduire le taux d’accidents à 2 % l’année suivante.
  • Diversité et inclusion : Une entreprise comptant 40 % de femmes dans son effectif (dont 15 % dans des postes de direction) se fixe pour objectif d’atteindre 50 % de femmes et 25 % dans les postes de direction d’ici 3 ans.
  • Bien-être des employés : Suite à une enquête interne, une entreprise observe que 60 % de ses employés souhaitent une plus grande flexibilité horaire. Elle met en place des horaires de travail flexibles et une politique de télétravail pour améliorer le bien-être et la rétention des talents.

 

3. Les indicateurs de gouvernance

Les indicateurs de gouvernance évaluent la manière dont l’entreprise est gérée et si elle applique des pratiques éthiques et transparentes. Les principaux indicateurs incluent :

  • Composition du conseil d’administration : analyse de la diversité du conseil en termes de genre, de compétences et d’indépendance.
Exemple :Contexte : Une entreprise familiale constate que son conseil d’administration manque de diversité, avec 90 % des membres issus de la famille fondatrice.
Action mise en place : Elle recrute deux membres externes avec une expertise en durabilité et en gouvernance.
Amélioration continue : La diversité est suivie annuellement à travers un tableau de bord indiquant le pourcentage de femmes, de membres externes, et de compétences spécifiques (finance, ESG, stratégie). L’objectif est d’atteindre 40 % de membres externes d’ici 5 ans.

 

  • Éthique et conformité : Suivi de la mise en œuvre de codes éthiques, de programmes de lutte contre la corruption et de mécanismes de signalement.
Exemple :Contexte : Une société de services financiers identifie un manque de mécanismes pour signaler les violations éthiques.
Action mise en place : Elle implémente une ligne d’assistance anonyme pour permettre aux employés de signaler des comportements non conformes. Elle forme également tous les employés aux codes éthiques via des sessions annuelles.
Amélioration continue : Un rapport trimestriel est établi pour analyser les types de signalements et les actions correctives prises. La société vise une réduction de 50 % des signalements liés aux conflits d’intérêts dans les trois prochaines années.

 

  • Politique de rémunération : évaluation de l’équité des rémunérations entre les niveaux de l’entreprise, notamment la part variable liée aux performances ESG.
Exemple :
Contexte : Une entreprise constate que la part variable des rémunérations n’intègre pas d’objectifs ESG, bien qu’elle prétende être engagée sur ces critères.
Action mise en place : Elle introduit un système où 20 % de la rémunération variable des cadres est liée à des objectifs ESG spécifiques, comme la réduction des émissions de CO₂ ou l’amélioration de la diversité.
Amélioration continue : Les performances ESG sont évaluées chaque année, et le pourcentage lié à ces objectifs pourrait passer à 30 % si les résultats sont satisfaisants.

 

  • Relations avec les parties prenantes : surveillance de l’implication des parties prenantes dans la prise de décisions stratégiques, y compris les actionnaires, les employés et les partenaires sociaux.
Exemple :
Contexte : Une startup SaaS ne consulte pas régulièrement ses clients et employés sur les impacts sociaux et environnementaux de ses activités.
Action mise en place : Elle met en place un comité consultatif regroupant des employés, clients et partenaires pour discuter des enjeux ESG.
Amélioration continue : Les retours de ce comité sont intégrés dans le plan stratégique annuel, et les décisions prises sont communiquées publiquement pour montrer l’implication des parties prenantes.

 

  • Transparence et communication : publication des rapports de transparence sur les pratiques ESG, la fiscalité et la conformité réglementaire.
Exemple :
Contexte : Une entreprise industrielle manque de visibilité auprès des investisseurs en raison de l’absence de reporting détaillé sur ses pratiques ESG.
Action mise en place : Elle commence à publier un rapport de durabilité annuel accessible sur son site internet, détaillant ses indicateurs ESG et ses objectifs.
Amélioration continue : Le contenu du rapport est enrichi chaque année avec des comparaisons de performances sur plusieurs années, et des audits externes sont réalisés pour valider les données publiées.Une gouvernance solide et transparente renforce la confiance des investisseurs et des clients et limite les risques juridiques et réputationnels.

 

4. Suivi et amélioration continue des indicateurs ESG

Le rapport de durabilité n’est pas statique. Il est essentiel de suivre les indicateurs ESG sur le long terme et de se fixer des objectifs d’amélioration continue pour chaque indicateur clé. Les entreprises peuvent utiliser des logiciels de suivi et d’analyse pour automatiser la collecte des données, identifier les axes d’amélioration et communiquer leurs progrès régulièrement.

 

Mettre en place un suivi des indicateurs extra-financiers avec wilhow

Les indicateurs clés de durabilité permettent aux entreprises d’avoir une vue d’ensemble de leurs performances extra-financières et de s’aligner avec les exigences de la CSRD. Au-delà de l’obligation réglementaire, surveiller et améliorer ces indicateurs renforce la crédibilité, attire des investisseurs sensibles aux critères ESG et fidélise une clientèle de plus en plus consciente des enjeux environnementaux et sociaux. En intégrant ces pratiques, votre start-up se positionne pour un avenir durable et compétitif. Une plus-value pour la valorisation de votre projet.

Vous souhaitez mettre en place un suivi des indicateurs extra-financiers évoqués dans ce guide ? Contactez wilhow, l’expert-comptable spécialiste des start-ups et de leurs enjeux.

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